уторак, 24. јануар 2012.

Anto Zirdum



ZAMRŠENE NITI ESTETIKE I EROTIKE


Svakom erotskom činu prethodi estetski čin.

Kada nekom kažete: baš mi se dopadaš,

milina je slušati kako pjevušiš

tvoj miris me opija, divno plešeš,

izrekli ste jednu estetičku činjenicu.

Ako osoba kojoj ste iskazali divljenje

ne uzvrati istom mjerom

sve će ostati tek puka estetička kurtoazija.

Ako to ponovite i pojačate pa počnete

spominjat ljepotu te dodate dobrotu

i ako biće obasuto vašim divljenjem uzvrati

onda će te početi opisivati svoja osjećanja.

Tu smo još uvijek na terenu poetike,

ali ona se već počela preplitati sa erotikom.

Kada se pak osjećanja prožmu,

a nagoni dopadajuće uvuku u ralje erotike,

(kada Eros nadvlada rekli bi stari Grci)

onda se banalni put od estetike ka erotici

premetne na novu razinu

na kojoj erotičnost postaje estetična.

Bilo bi doista neumjesno reći

da svi pišu pjesme da se lakše

domognu one stvari: eto na primjer

stari pisci za djecu uvjeravaju mališane

da ih je donijela roda

pjesnici među djecom se čude

zašto baš roda i pomalo sumnjaju

a ostali izgleda baš pjevaju kako bi

rodac i rodnica i po zvuku i po mraku

došli u stanje bitno za nastajanje

ljudskog roda i poroda.

уторак, 17. јануар 2012.

Zlatko Martinko S TOBOM




S TOBOM


Ako dotakneš lišće stare masline,

Dodijeliš mu ožiljak sunca i kiše,

Otvorit ćeš duboku brazdu u kamenu

Kojom putuje osama u svijet.

Pogledaj,

Moje usnice dršću i moj pogled ;

K'o davno ukraden poljubac u parku,

A ti plačeš jer sam ti dirao dojke,

Ljubio bradavice i mrsio kosu.

Ruke su kao ružičasti granit

Okrenute nebu, okrenute moru,

Kad prstima dotičeš zemlju

I kad siva studen žeravicu ljulja

U tvojim uplašenim očima.

Ostani,

More nije završilo svoje bajke,

Još skriva u amfori jutra jakost

Svih skrušenih brodoloma.

U bojama zastarjelih noći

Riba je uhvaćena mrežom

Ispod izdajničkog ferala i trza se.

Na mjesečini

Hvataju nas udicama strasti

Iz daljine čujni taktovi džeza.

Iz zbirke : "AUTOBIGRAFIJA DŽEZA" 2012.

*

уторак, 03. јануар 2012.

"Српско срце Јоханово" Веселина Џелетовића




Подебљано
Удружење писаца Поета захваљује се
господину Златку Мартинку на преводу поеме
"Српско срце Јоханово" Веселина Џелетовића
на француски језик


LE COEUR SERBE DE JOHAN

Se sont mes mots d'adieu, bien sûr,
Je les emmène au temps qui surgit,
Pour guérire quelconque blessure
De celui qui va épandre son mépris.

Je suis Johan, de souche allemande,
Ma mère est Greta et Hans le père
Notre maison était plutôt grande ;
Là je vivais une enfance des rêves.

J'héritais des usines et des domaines,
Vastes forêts et les énormes troupeaux,
J'étais heureux comme un chapelain
Lequel va attraper le mauvais fléau.

Les médecins parlaient de la fin proche,
D'une année à vivre ou deux au mieux,
Tout vient s'écrouler – la vie est moche !
On est tellement petit, mon Dieu.

Les gens disaient que mon avenir sollicite
Ce que les médecins disaient en douce ;
Qu'il me faut un cœur nouveau de suite,
Compatible, que le corps ne le repousse.

Ô ! Mon destin. Ô ! Mes beaux jours,
Les instants de ma vie les plus durs,
Le médecin alerte le compte à rebours
Pour un cœur bien neuf et tout sûr.

On ne demande pas le prix,
On ne sait même pas s'il existe !
On ne demande pas : il appartient à qui,
C'est qui ce donneur de la liste ?

L'opération se passait à merveille,
Le nouveau cœur se tient très bien.
Puis ça change de jour à la veille,
Et on se laisse aller ne pensant à rien.

***

Mais peu du temps après ça change,
Dans mes rêves arrivent des voix douces,
Des cloches orthodoxes tirées par des anges
Sur un clocher à bulbe d'une cathédrale russe.

Je vois bien les terres étrangères
Les belles forêts et les labours gras
Les prés verts et les rivières légères
Les chants des villages comme à l'opéra.

Je vois la clôture autour d'une cour
Le chemin de la maison au grenier ;
Une petite vieille qui à son tour
Appelle le vieux chien noir terrier.

Et de suite la volaille se presse
Si la vieille jette par terre la graine
Les vaches mugissent sans cesse
En attendant la traite prochaine.

Une femme élancée aux cheveux noirs
Traverse la cour pour aller en cuisine
Derrière elle court un parfum du soir
Et un enfant aux yeux bleu-marine.

Cette image remplissait mes saisons
Et apportait bonheur dans mes rêves
C'était des beaux souvenirs de la maison,
De l'amour fort et tellement brève.

***

Ils me prenaient des pensées lourdes
Desquels je ne pouvait pas me défaire
Puis me revenaient des voix sourdes
Quand on m'attachait et menait en enfer.

Ils nous ont chargés dans les voitures,
Pour prendre le chemin sans retour
Avec des cris et menaces pour armure
Des hommes effrontés aux regards durs.

A la ville de Burele et sa Maison Jaune,
Ils nous ont révélé le nom de lieu,
enfermés en Albanie comme en prison
Nous passons l'hiver attendent mieux.

La dernière image qui m'a fait peur
C'est le médecin avec son masque vert,
C'est le visage qui n'a pas de couleur
Juste qu'il rie filou et brille de sueur.

Puis la lumière plus forte que le soleil
Me transperce le corps de part en part,
La douleur dans ma poitrine me réveille ;
Mon sang gicle et coule dans une mare.

Les dernières je voyais les mains
D'un Albanais dressé dans la nuit
Dans ces mains tremblant en vain
Mon cœur se débat pour sa vie.

***

Un cri démesuré qui transit le ciel
D'un profond cauchemar me réveille,
J'espérais tant que ce n'est pas le mien
Que le matin ramène le bonheur du veille.

Je prenais la route inconnue, d'ailleurs,
Où trouver la cause des nuits sans dormir,
Pour que je sache finalement destinateur
A qui mon cœur va où il va finir...

Kosovo était sa destination sans doute
Où ils m'amenaient l'âme et le corps
Je suis voyageur qui connaît la route
Pour revivre dans mon pays encore.

Je revois l'église de mes songes
Devant une sentinelle, ce n'est pas bien;
Les mots s'arrêtent dans ma gorge
Le soldat dit protéger l'église des gens.

Qui sont les gens qui veulent détruire
Cette beauté de moyen âge
Avaient-ils juste un peu de plaisir
Connaître leur destin en marche

Devant mes yeux gît mon village,
Et autour de lui tirés les barbelés,
Tous ces gens vivent dans le sillage
Des seigneurs de guerre écervelés.

Regards l'Europe, j'appelle de toute voix,
J'appelle le mode voire ce qui se passe,
Jusqu'où on doit souffrire chez soi
Au bout du compte perdre notre race.

Plus haut que barbelés ou la tristesse
Je ressens le regard qui me poursuit
Un visage d'enfant passe à toute vitesse
De mes rêves dans le jour qui suit.

L'enfant s'approche entre les fers
M'embrasse fragilement autour le cou,
Puis appelle doucement : mon père,
Qu'est-ce que t'arrive – tu étais où ?

Mon cœur sursaute comme un fou,
Les sutures veulent foutre en l'aire
Qu'est-ce que veut dire d'un coup
Même s'il me connaît je n'en ai rien à faire.

Je ne sais pas pourquoi je le fais
Mes mains partaient bien vers son visage
Cet enfant je le reconnais, Dieu le sait
Il vivait dans mes rêves comme un présage.

La femme de mes rêves s'accourt vers moi,
De la cour où la petite vieille jette le grain
- Milan, mon fils, ce n'est pas ton père à toi,
Ton père est parti très haut dans le ciel.

Sur Kosovo notre Jovan veille
De la haut avec notre Lazar le Saint
Je l'entends quand le vent se lève
Si je te regarde je sais que tu es le sien.

Nous sommes ici séparés par le fil
Mais le cœur nous lient très fort
Même le monde s'arrêtait tout pile
Et réveille au profond de nous ce qui dort.

Au retour je m'arrête de côté, je tarde,
Fier, émerveillé et plein du grand plaisir,
Car Jovan même mort Kosovo garde
Pour qu'aux Serbes on ne peut pas le saisir.

Petrovic Janko c'est mon nom
Né en Allemagne le Serbe de souche,
J'écris pour montrer à tout le monde
La misère quelle mon people touche.

De honte nos visages sont rouges,
Les victimes serbes personne ne pleure
Ni nos assassins personne ne juge ;
Ils nous arrachent à vif les cœurs...

prevod na francuski
Zlatko Martinko